Témoignage Maraude ABEJ


Témoignage de Thomas :

Depuis maintenant deux ans, nous avons mis en place un service d’hébergement. L’appartement, l’envol, proche de l’église, a permis d’accueillir une maman et ses deux filles. Trois femmes se sont succédée dans la troisième chambre. La demande d’hébergement nous est faite, et nous cherchons la meilleure solution possible dans nos capacités.
Depuis juillet 2022, un second appartement nous a été confié pour accueillir une famille. Une demande urgente nous a été transmise et une famille est installée depuis le 21 septembre dans cet appartement appelé Le Refuge.
Nous avançons doucement. L’hébergement nous oblige à nous organiser, à travailler ensemble et c’est une vraie bénédiction. Il y a la préparation de l’appartement, l’accueil des personnes, le suivi de ces personnes. Tout cela prend beaucoup de temps.
Mais nous nous réjouissons de pouvoir accompagner ces personnes pendant quelques mois dans leur parcours de vie.
Le seigneur est avec nous, il nous accompagne.

Le point dans notre action d’hébergement que je souhaite souligner : c’est de s’occuper de personnes qui étaient finalement invisibles pour moi ; Je me suis efforcé de les voir et de les regarder et aujourd’hui je les vois et je les considère comme mes frères et mes sœurs.  Ce qui est important pour moi c’est d’essayer de ne pas les laisser sans rien. Par exemple, je ne connaissais pas de personnes sans papier donc je ne les voyais pas, cela restait un sujet politique abstrait. Ces actions que l’on fait à l’ABEJ : si on ne les fait pas qui va les faire ?

Il y a trop de personnes dans le besoin. L’Etat se désengage et il n’y a pas assez d’associations.

Cette idée de voir les gens qui sont invisibles c’est un peu comme dans les évangiles : les apôtres et les disciples ne voyaient pas les personnes avec leur véritable besoin mais le Christ leur a montré lui-même ces personnes et leur a demandé de les écouter et de les considérer.

Par exemple pour la femme impure les disciples ne souhaitent pas qu’elle s’approche de lui et le Christ se laisse toucher et elle est guérit.

C’est la volonté d’aider ceux qui ne disposent d’aucune aide qui me touche, comme ceux qui n’ont pas de papier et qui en conséquence ne peuvent prétendre à rien au niveau du droit, pour autant on va essayer d’agir pour eux.

J’aime cette idée que si Christ devait venir maintenant, j’imagine qu’il naitrait dans un squat. Et cette idée est un moteur pour m’impliquer avec l’ABEJ dans les actions comme l’hébergement ou la maraude.

Cette volonté au plus profond de moi d’aller vers les personnes et de leur consacrer du temps c’est ce que Dieu a mis sur mon cœur. En effet, tout dans ma vie, mes études et mon métier auraient dû m’éloigner du terrain et du social et pourtant je reconnais que Dieu a ancré cela en moi.